Olivier Messiaen, l’homme de foi

L’œuvre et la carrière de Messiaen sont indissociables de sa foi catholique. Une foi discrète mais profonde et bien présente, qui l’accompagne tout au long de sa vie, influe sur sa perception du monde et se manifeste aussi dans son amour de la nature (création divine par excellence), son ouverture d’esprit et son insatiable curiosité pour les autres cultures.

« J’ai la chance d’être catholique ; je suis né croyant (…). Un certain nombre de mes œuvres sont donc destinées à mettre en lumière les vérités théologiques de la foi catholique. C’est là le premier aspect de mon œuvre, le plus noble, sans doute le plus utile, le plus valable, le seul peut-être que je ne regretterai pas à l’heure de ma mort. »*

L’improvisation l’amène à commencer l’orgue en premier lieu, avant de mettre ses talents d’organiste au service du culte fidèlement pendant de longues années. Tous les dimanches pour plusieurs offices, il interprète et improvise à la tribune de l’orgue de la Trinité dont il est devenu titulaire en 1931. Il compose de nombreuses œuvres d’inspiration religieuse pour l’orgue, mais aussi pour le piano ou l’orchestre : parmi ses toutes premières œuvres figure Le Banquet Céleste, méditation pour la fête du Saint-Sacrement (1928), l’Offrande au Saint-Sacrement pour orgue (1930), Les Offrandes oubliées méditation symphonique pour orchestre (1930), L’Ascension dont il existe deux versions pour orchestre et pour orgue (1932-1934), La Nativité du Seigneur pour orgue (1935-1936), Les Corps Glorieux (1939), le fameux Quatuor pour la fin du Temps (1940), les Visions de l’Amen pour deux pianos (1943), LesTrois Petites Liturgies de la Présence Divine (1943-1944), les Vingt Regards sur l’Enfant Jésus pour piano (1944), véritable sommet dans son œuvre, la Messe de la Pentecôte pour orgue (1949-1950), Verset pour la Fête de la Dédicace pour orgue (1960), Et exspecto resurrectionem mortuorum pour orchestre (1964), les Méditations sur le Mystère de la Sainte Trinité pour orgue (1969), Le Livre du Saint Sacrement pour orgue (1984), Éclairs sur l’Au-Delà pour très grand orchestre (1988-1991).

A cette longue liste il convient d’ajouter son unique opéra Saint François d’Assise créé en 1983, œuvre hors norme de plus de quatre heures convoquant 150 choristes et 120 musiciens, qui bouleverse complètement les codes de l’opéra et constitue une sorte de testament musical du compositeur.

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*in Claude Samuel, Entretiens avec Olivier Messiaen, éditions Pierre Belfond, 1967